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L’enseignement en RDC

mardi 2 décembre 2008

Permettez-moi de profiter de cet espace pour mettre en ligne un extrait de texte des recommandations de la CNCD/11.11.11 (plateforme des ONG Belges) au gouvernement Belge par rapport à la coopération au développement. Il s’agit de la partie relative à l’éducation. Si vous avez des observations ou des recommandations complémentaires, veuillez me faire signe SVP (kaphil@ic-lubum.cd), car on disposerait alors d’un bon texte de départ pour entamer un vrai changement en profondeur.

"Le système éducatif en RDC vogue dans une destruction éprouvante. Parmi les causes, on peut citer : Le manque de calendrier d’activités opérationnelles : le secteur éducatif en RDC est habitué aux reformes liées aux circonstances et non à une vision stratégique. Les accords de « Mbudi » (qui devaient amener le gouvernement à prendre en charge les enseignants en leur payant un salaire conséquent) n’ont jamais été mis en application L’inadaptation des contenus et des programmes d’enseignement avec l’environnement culturel et social. Le délabrement criant des infrastructures. Le taux d’analphabétisme en hausse etc.. Ces défaillances sont dues essentiellement, d’une part, au modèle de l’école qui s’est imposé depuis la colonisation et qui impose l’uniformisation des savoirs, des cultures et des comportements, d’autre part, au désengagement de l’Etat qui est révélé par la part insignifiante du budget accordée à l’éducation. L’enseignement en RDC devient un marché sponsorisé par le privé. Le débat actuel concerne la prise en charge des enseignants par les parents d’élèves. Cette situation dure depuis plusieurs années du fait qu’aucun gouvernement n’a pris à cœur les revendications des syndicalistes du secteur scolaire et des associations de parents. Il y a manque de volonté politique pour investir dans l’école. L’état paie mal ou ne paie pas du tout les enseignants, les parents d’élèves versent alors les primes aux enseignants directement, mais le personnel du cadre de gestion doivent aussi jouir de ces primes. Plutôt que de contribuer à la qualité de l’enseignement, cette prise en charge des parents crée des pratiques nuisibles à la promotion de l’éducation : des enfants renvoyés à la fin du mois ou du trimestre du fait que les parents ne se sont pas acquittés des contributions, monnayage des points pour passer de classe (exemple les points sexuellement transmissibles). La discrimination d’origine financière frappe les enfants des pauvres alors que ceux des parents qui ont des revenus suffisants ont droit à la scolarité régulière. Certains parents protestent et ne souhaitent pas continuer à verser la « motivation », mais les écoles leur demandent poliment de faire inscrire leurs enfants dans d’autres établissements scolaires.

Recommandations

ORGANISER LES ETATS GENERAUX DE L’ENSEIGNEMENT AUX NIVEAUX PROVINCIAUX ET NATIONAL. C’est la toute première chose à faire. Au cours de ces états généraux, systématiser les erreurs du passé, les corriger et lancer un nouveau modèle scolaire, typiquement congolais (ou africain).

Appuyer et encourager l’État congolais à normaliser les écoles supérieures et universitaires pour éviter l’existence d’écoles clandestines et parallèles qui ne répondent pas aux normes.

Relever le niveau de l’enseignement par une sélection à l’entrée des universités et enseignements supérieurs. Il est inutile de "produire" 300 avocats et médecins par an par université alors que 99 % de ces derniers n’ont ni le niveau réel, ni même la vocation ! Quid d’un numerus clausus limitant à 10 étudiants par an par profession libérale ? Ces étudiants seront réellement motivés, intellectuellement seront représentatifs de leur future profession et deviendront à leur tour un modèle dans la société. Démocratiser l’enseignement supérieur : à quel prix ? Celui de qualité ou bien celui de la médiocrité ?

Libérer des ressources nécessaires au fonctionnement des écoles et au paiement régulier des salaires du corps enseignant. Un enseignant est un modèle pour des élèves, des étudiants. Si cet enseignant est constamment dans un état de survie, de mendicité, il devient malgré lui corruptible, et ce au mépris de la qualité de son rendement, de son travail. Ce modèle est alors suivi par les jeunes générations et aujourd’hui, beaucoup d’enfants n’ont pas connu d’autre système que celui de "motiver" leur professeur.

Rendre obligatoire et gratuit l’enseignement primaire et secondaire ; soutenir les projets favorisant le maintien des filles à l’école secondaire.

Promouvoir sur toute l’étendue du territoire des enseignements "techniques", "professionnels". Aujourd’hui, les écoles techniques (généralement gérées par des curés ou des religieuses) sont dépassés par les nouvelles techniques. Les élèves reçoivent une formation qui n’est plus du tout conforme à l’environnement professionnel : des maçons, plombiers, électriciens, couturiers, section hôtellerie, technicien agricole, pisciculteurs... sont formés mais une fois engagés dans des sociétés visant un certain niveau de prestation, leur niveau est tout à fait insuffisant et les employeurs doivent à leur tour les "re-former". Il est grandement temps que les professions techniques, manuelles soient valorisées car une nation si jeune ne pourra se construire sans ces métiers.

Les cadres universitaires congolais sont très nombreux à l’étranger et ces derniers ont reçu un niveau de formation leur permettant de combler les lacunes de pratiquement trois générations. Privilégions les études pratiques, techniques répondant à un besoin. Ces professions s’intègrent plus facilement dans le cadre de micro-entreprise et ce sont ces mini pme qui tisseront à nouveau le tissus économique de ce pays.

Soutenir financièrement des réseaux d’échanges, de partages d’expériences professionnelles entre enseignants. Soutenir des instituteurs européens "instituteurs sans vacances" qui viendraient prêter main - forte dans les écoles publiques..., échangeraient leur expérience avec les instituteurs congolais. ...

Redoter les communes, quartiers et villes de bibliothèques publiques ouvertes à tous les enfants, élèves, étudiants. Les livres restent dans les bibliothèques mais les salles de lecture sont surveillées par des instituteurs qui peuvent encadrer les jeunes dans le choix de leurs lectures etc etc. La "bibliothèque" itinérante entre les écoles est aussi une bonne manière de promouvoir la lecture, l’orthographe et l’esprit d’ouverture.


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